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Jour 10 & 11 : Klaipéda

Je suis là, et je vais bien. Je ne vous ai pas oublié. Les aléas de la route ont fait que j’ai pris du retard, et surtout que j’ai oublié le chargeur de mon mac, épuisant ma batterie sans me rendre compte de cet affreux oubli à 89€ (diantre).

Je suis désormais à Riga, à quelques encablures de la fin de la l’aventure, et il va falloir que je vous raconte ce qu’il s’est passé ces derniers jours. Je vous ai laissé en Lettonie, mais j’ai depuis traversé une frontière pour faire une étape à Klaipéda, en Lituanie.

Ville portuaire d’environ 190 000 habitants, qui a longtemps été sujet de bagarre entre teutons et le Royaume de Lituanie. Jusqu’à la première guerre mondiale, la ville était allemande et était mieux connu sous le nom de Memel.

Dans l’entre deux guerres, Memel était supposé être sous protectorat français. Mais vous connaissez l’histoire… Allemands, Russes, re-Allemands, re-Russes… et indépendance. Tout ça n’a pas empêché l’essor du port de Klaipéda, puisqu’il s’agit aujourd’hui de la première ville portuaire du pays.

Trêve d’Histoire chiante. J’ai eu le loisir de me perdre dans le centre ville et de flâner un peu partout. Et tout comme Liepaja, Klaipeda c’est mignon.

Des rues pavées, des jolies boutiques, une promenade le long de mer tout à fait pittoresque, de beaux restaurants attrapes-touristes, tout ce qu’il faut pour plaire.

Ce bateau n’est ni plus ni moins qu’un resto (et vive les mariés).

J’y ai surtout vu un bateau de 300 mètres de long (visible sur la première photo de l’article), et je dois dire que même si je ne demeure absolument pas fan du principe des croisières, c’est tout de même impressionnant.

Et je me suis aussi et surtout frotté à la bouffe lituanienne. Vous vous demandez sans doute, un sourcil relevé, ce que ce petit patelin de moins de 3 millions d’habitants peut elle apporter culinairement parlant ?

Et bien de belles choses. Je me suis arrêté au restaurant Katpédélé, qui se situe sur la promenade en bord de fleuve. La particularité de ces restaurants (emploi du pluriel parce qu’on les retrouve dans tout le pays), c’est de proposer des plats lituaniens qui représentent chacune des époques que le pays a traversé. Les recettes sont donc plus ou moins riches, et je me suis jeté sur le steak de saumon tant sa recette avait l’air chouettos.

Le dessert fut très simple : deux « gaufres » roulées en un espèce de fagot, et accompagné de lait concentré. Dessert parait il très répandu durant la sombre période soviétique, et pourtant très bon.

Je n’en ajouterais pas beaucoup plus sur Klaipéda, si ce n’est que j’aurais pu, et sans doute dû, aller visiter l’isthme de Courlande qui se trouve littéralement juste en face de la ville, à peine 30 minutes de traversée en bateau. C’est une bande de terre de 3.5kms de large sur 98kms de long, partagée avec la Russie et inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco grâce à sa biodiversité assez unique. L’isthme propose par exemple parmi les plus hautes dunes de sable d’Europe (avec le Pilat) et une faune assez inattendue. Mais je me suis mal organisé et j’ai passé la journée du vendredi dans l’hésitation totale, puisqu’il a plu une majeure partie de la journée et que je n’ai pas voulu m’engager hors de l’auberge.

Mais pour sûr, cela m’a donné envie de revenir pour découvrir cette pièce unique de paysage. Un mot quand même sur l’auberge. J’ai séjourné dans un « surf camp », basiquement une auberge de jeunesse associée à une école de surf, située à Palanga. Palanga est une ville balnéaire de plus en plus prisée par les locaux, puisqu’elle offre notamment des conditions de surf très bonnes. Là aussi, j’y ai pensé mais j’ai été refroidi par la pluie. Pas de rencontre ici puisque j’ai été tout seul dans une auberge pour huit durant ces deux jours.

Le vendredi m’a donc permis de recharger les batteries, avant d’attaquer Riga, la dernière étape du périple. Dont je vous parlerai demain, et j’en ai pas mal à vous dire.

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Jour 9 : Liepaja

Si le réveil se veut tranquille ce matin, il sera néanmoins accompagné de nombreux coups de marteau et de perceuse alentours. Les travaux ne laissent pas le loisir de la grasse matinée ici. Je sais que j’ai le temps de bouger, mais on semble m’indiquer qu’il faut reprendre la route.

Aujourd’hui l’aventure se poursuit le long de la côte, puisque je descends vers une seconde ville portuaire lettone, Liepaja. Encore un peu fatigué des cinq heures de route de la veille, j’irai tranquillement arpenter la lande lettone pendant une heure et demie, pour arriver au milieu des blockhaus soviétiques vers 13h30.

J’y retrouve Sandra, une sympathique lettone qui me remet les clés et ne m’apprend absolument rien sur la ville puisqu’elle vit à Riga. Ainsi soit il, j’irai à l’improviste.

Ce genre de building cinq étoiles.

Si Liepaja est également une ville portuaire à l’instar de Ventspils, elle se veut devenir une jolie bourgade balnéaire prête à régaler du touriste. Et il y a tout pour plaire : des petites rues pavées, une belle église, une immense cathédrale, des vieux trams colorés, un marché aux fleurs, des grandes marques de parfum et de couture… Le tout dans un décor encore parfaitement soviétique, fait de grands bâtiments opaques et pas spécialement sexys. C’est comme si les vautours du capitalisme étaient en train de se repaître de la carcasse encore fumante du vieil ours rouge.

Mais ce qui m’attire tout particulièrement dans cette ville, C’EST LA PLAGE ! Une étape du voyage que je ne pouvais pas ne pas planifier, lézarder sur le sable blanc en étant bercé par le bruit des vagues. Après avoir traversé le parc qui longe le front de mer et fait une étape au Stadions Daugava, stade du club local le FK Liepaja, je m’empresse de jeter ma serviette au sol pour me laisser chauffer la couenne par le soleil.

L’eau est fraiche, le soleil et le sable sont doux. Peu de monde présent, et je peux somnoler en toute quiétude en observant de temps à autre deux allemandes construire un château de sable.

Plutôt réussi comme château.

Mais l’heure tourne vite, et je me dois de bouger si je veux faire étape à l’autre curiosité qui m’a amené ici : les Northern Forts.

Après être repassé par le logement pour un petit break bien pensé, je reprends la voiture pour une quinzaine de minutes vers le nord de la ville. Les « forts du nord » ont été construits entre la fin du 19e et le début du 20e siècle par les russes. Ils étaient censés encercler la ville et donner un refuge aux forces militaires maritimes, mais en 1908 chacun s’est rendu compte que ce n’était pas la meilleure idée du siècle.

Plutôt que de tout dynamiter, les forts ont été laissés à l’abandon et c’est désormais la mer et la nature qui se chargent de reprendre leurs droits.

Avec le coucher du soleil, le paysage devient assez hypnotisant et je passe de longues minutes à escalader ces ruines, explorer l’un ou l’autre fort, profiter de la meilleure vue.

Une fois le soleil disparu à l’horizon, il sera temps de rentrer pour diner et s’endormir devant un film, avant d’aller vers la troisième et dernière ville côtière du programme, Klaipéda en Lituanie. Antépénultième étape du voyage avant la troisième capitale des pays Baltes, Riga.

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Jour 8 : Ventpils

C’est avec le coeur un peu lourd que je me réveille. Ayant la moitié du corps bouffée par les moustiques, l’autre éraflée par mes escapades maritimes de la veille, c’est pourtant bien le petit palpitant qui en pâtit le plus.

Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que je me serais bien vu rester plus longtemps sur Kihnu. Cette île a tout pour plaire, son ambiance, sa proximité avec la nature, la gentillesse de ses occupants indépendants, mais l’aventure doit se poursuivre.

Après un bon petit-déjeuner servi par Viviana, je remballe mes affaires et charge son mini bus, puisqu’elle nous a gentiment proposé de nous ramener au bateau Eric et moi. Un au revoir assez solennel à mon comparse belge Greg qui décide de rester au moins une nuit de plus ici, et nous voilà parti.

Enfin presque. Eric oublie sa bouffe et court au frigo, ce qui laissera le temps à Viviana de me confier que le franco-américain n’est pas de tout repos et qu’elle est contente qu’il s’en aille. Il faut dire que son enthousiasme écrasant peut vite devenir éreintant.

Viviana nous dépose au port, et voyant que je suis un peu triste de partir, me gratifie d’un bref mais sincère câlin en souhaitant bientôt me revoir. Etant donné le bonheur de ces 24 dernières heures, il y a bien des chances que je revienne en effet.

La traversée se fait sans histoire, et je retrouve la Seat là où je l’ai laissé. J’ai proposé à Eric de le conduire jusqu’à Parnu, là où il prendra un bus pour Tallinn. Nous faisons un peu mieux connaissance et parlons de la France et des françaises. Eric est du style vieux beau dragueur dans le style purement américain, et m’avoue que si Viviana n’avait pas été en couple, il aurait foncé. Je suis ravi pour elle qu’elle n’ait pas été harcelée du coup.

Eric me laisse son whatsapp à l’arrivée à Parnu, me disant que les portes de son logement à Prague me sont ouvertes quand je le souhaite. Je file trouver un déjeuner et pars, pour cinq heures de route, direction Ventspils sur la côte Lettone.

Cinq heures, ça commence à faire long. Et pour la première fois depuis le début du voyage, en solo. J’écoute donc de la pop lettone, chante, aboie et pousse des hurlements. Faut bien s’occuper.

J’arrive vers 17h30 dans le minuscule village de Deksni. Il s’agit d’un logement au milieu de nulle part, qui sert globalement pour les mariages et les couples. La personne qui me reçoit est donc assez surprise de ma visite. J’écrase deux petits heures dans ma chambrée, avant d’enfin me décider à aller voir Ventspils.

Ventspils est une petite ville de 40 000 habitants, construite autour de son port. Un gros gros port qui alimente le fleuve de la Venta avant de se jeter dans la mer Baltique. De gros bâtiments industriels donc, et des petites vachettes un peu partout.

Deux salles, deux ambiances.

Fourbu par le voyage, je ne ferais que quelques centaines de mètres sur la jetée avant d’aller trouver un restaurant aléatoire. Une tablée plutôt sympa dans une ambiance 1950 et des machines à coudre partout. Le hasard voudra que je me retrouve attablé juste à côté d’un couple de français, à qui je ne décrocherais pas un mot. Faut pas déconner non plus.

Du garlic bread trempé dans le fromage en entrée, patates et cochon en plat, le tout accompagné d’un petit verre de rouge. J’ai le droit, je fête la fin de mon prêt.

Puis vers 22h00 je décide qu’il est temps de rentrer. Je n’aurais rien trop vu de Ventspils, qui a sans doute mieux à offrir que son port industriel, mais il a fallu faire un choix et j’ai préféré sacrifier cette ville plutôt que les deux suivantes, Liepaja et Klaipéda.

Les vingt minutes de route qui séparent Ventspils de Deksni m’offriront des paysages assez mystiques, dans un mélange de brume et de forêt, sur fond de soleil couchant.

Nous en sommes à 1 500 kms d’aventures, et il ne reste plus que trois étapes avant de boucler le retour à Vilnius : Liepaja, Klaipéda et Riga.

Et si j’ai hâte d’enfin profiter de la côte, une petite partie de moi est restée à Kihnu.

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Jour 7 : Kihnu

Il y a de ces matins où l’on sent que la journée sera inoubliable. Et c’est avec cette impression que j’ai ouvert les yeux en ce septième jour de voyage, malgré le fait que ma nuit ait été animée par un féroce concours de ronflements belgo-néo-zélandais (avantage Belgique au décompte final).

Après un café de fortune et de petites courses à la supérette du coin en quête d’un petit-dej’, je m’en vais retrouver la voiture et une amende de stationnement de 40€ déposée un dimanche soir à 22h48. Saloperie de bolchéviques. Mais cela n’entamera pas mon enthousiasme.

Je retrouve Greg, nous saluons nos camarades de chambrée et prenons la direction de la prison de Rummu, situé à 35 minutes de route de Tallinn. Pourquoi visiter une prison vous demanderez vous avec un sourcil levé ? La réponse tient en une photo :

Cette prison était exploitée par les soviets à partir des années 1940, et ce jusqu’à l’indépendance de l’Estonie en 1991. Construite à proximité d’une carrière de calcaire et de marbre, la prison fournissait des hommes dans l’exploitation minière. Pas besoin de faire trop de maths pour voir arriver ce qui arriva. Après l’arrêt de son exploitation et du pompage de l’eau souterraine, les tunnels ont fini par se remplir et inévitablement s’effondrer, ce qui fit immerger une partie de la prison et des équipements miniers encore présents.

C’est ainsi devenu un magnifique petit lac au milieu duquel trône une prison, qu’il est possible avec force de précaution de visiter à ses risques et périls.

Mais la pause se veut courte car nous devons prendre le bateau à 14h30. Qui dit bateau veut côte, et la côte où nous allons se trouve à deux heures de route. Pas de temps à perdre donc, et nous arrivons à temps pour embarquer dans le très modeste port de Munalaiu, pour l’île de Kihnu.

Kihnu est une petite communauté de 700 habitants, qui chérissent les valeurs des vieilles traditions, chants et langue de l’île. Durant des siècles, les hommes étaient occupés toute l’année en mer ce qui a permis aux femmes de devenir les véritables garantes de la bonne tenue de l’île. Coupant leur bois, construisant leur maison, cultivant leur jardin, fabriquant une partie de leurs vêtements, elles sont d’une autonomie totale. Bien sur que le 21e siècle est présent sur l’île et qu’elles vivent en adéquation avec leur époque, mais elles n’en demeurent pas moins complètement indépendantes.

C’est sur proposition de Greg que nous posons les pieds sur Kihnu. Ni lui ni moi n’avions jamais entendu parler de l’une des dernières sociétés matriarcales d’Europe, et c’est au travers d’une vidéo Youtube qu’il a suggéré que l’on y séjourne.

A peu près au milieu de nulle part.

Ici, pas de rues, juste des maisons sur une carte, qui portent chacun leur propre nom. Cinq kilomètres de long par trois kilomètres de large, submergés par la nature et l’autonomie.

A notre arrivée, nous louons un vélo et pédalons vers notre logement, la maison appelée Miku Talu. C’est Viviana qui nous reçoit. Une estonienne trentenaire dans le plus pur style Kihnu. Elle est en train de peindre la porte d’une maisonette fraichement achevée à notre arrivée. Nous faisons également la connaissance d’Eric. Un franco-américain dans ses 40 ans, venus là pour deux jours, qui se sont transformés en une semaine. Je le comprend déjà, cet endroit a tout du paradis. Après quelques échanges sur l’île, quoi y faire, et où manger, nous partons avec Greg à l’aventure en vélo.

L’idée est de percer à travers les bois et de trouver une côte. Nous pédalons donc au hasard pour finir par déboucher d’un sous bois sur un grand terrain vague, donnant lui-même sur la plage. Cet endroit est fabuleux. Rien d’autre que l’eau, le sable, les rochers, le bruit des vagues et de lointaines mouettes. Ici, plus rien ne semble avoir d’importance tant on semble loin de tout.

Ayant prévu le coup, je passe un short de bain et me lance dans une Mer Baltique à probablement pas plus de 17°C. A environ 200 mètres au loin, un rocher isolé semble m’appeler et je me lance à son assaut. Ce n’est pas très profond et j’y arrive après m’être fait à cette température sensiblement hostile. Me hissant sur le rocher, je fais signe à un lointain Greg sur le rivage. Je me suis bien sur esquinté l’intérieur des cuisses, des bras et sous les pieds dans cette entreprise, mais le jeu en valait la chandelle.

Nous prenons ensuite la direction de la pointe sud de l’île, où se situe le phare. Après des années sans vélo, je retrouve des muscles oubliés sans que ce ne soit désagréable. Nous coupons par un sois-bois qui ne doit pas être fait pour le vélo, et entre les branches et les moustiques, je me fais démonter.

Mais là encore, le panorama offert par le phare est à couper le souffle.

J’aimerais rester là, des heures, peut-être des jours. C’est si calme et paisible. On ne fait que des choses qui importent sur cette île. Et on ne devrait rien faire d’autre.

L’heure avançant, nous reprenons la route pour passer par l’un des deux commerces de l’île, acheter de quoi diner. Le diner en question sera un mélange de tout : apéro Tuc et chips, pâtes à une sauce locale, courgettes grillées au barbecue, et surtout viande de phoque achetée par Eric. Je me laisse tenter et c’est un goût puissant et fumé, rien de comparable avec ce que je connais.

Après un passage par un délicieux sauna et une douche, je passe la soirée à discuter en terrasse avec Viviana, son frère, et tous ses visiteurs. Deux finlandais et une russe de Sibérie tous soixantenaire, Eric et Greg. Si la conversation n’est pas toujours facile, la soirée n’en demeure pas moins délicieuse.

Je fais plus ample connaissance avec Viviana. Elle vit ici six mois par an, le reste à Parnu, ville côtière à deux heures de bateau. Elle revient de onze ans à New York, et a décidé de reprendre le flambeau de sa mère, et fait désormais ici tout elle-même. Elle est admirable. Et quand je lui demande si elle n’a jamais pensé demander de l’aide, elle se vexe presque. Par de l’aide, j’entends un ou deux volontaires qui viendraient passer ici quelques semaines pour contribuer au développement de ses huit hectares (pour ceux qui veulent en savoir plus, c’est le but du site www.workaway.info). Elle comprend mieux et admet que c’est une belle idée, je lui répond que ça me permettrait de revenir l’année prochaine.

Les finlandais et la russe descendent bières et vin blanc tandis que je reste sage. Les sujets varient sur le tourisme, la politique, inévitablement les gilets jaunes et de la vision future de l’Europe, qui nous a quelque part tous rassemblés ici ce soir.

Je m’en irai trouver le sommeil vers 23h30, car une longue route de cinq heures m’attend demain. Mais si j’avais su, je serais volontiers resté une ou deux nuits supplémentaires à Kihnu.

A penser qu’un bout de paradis existe au large de l’Estonie.

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Jour 6 : Tallinn, un peu mieux

Sortir hier soir n’a pas fait que du bien. En dehors du fait d’avoir le retard à rattraper sur les publications, il a fallu éponger tout le houblon ingéré. Mes deux comparses de voyage Riyad et Greg étant déterminés, il a fallu se bouger pour être opérationnel à 11h00, non sans mal vu que j’aurais bien passé la matinée au plumard.

Le premier plan de la journée est d’aller à la découverte du château de Kadriorg, visible un peu plus haut. On pourrait s’attendre à une grande histoire, pleine de heurts, rebondissements, conflits, trahisons et complots, mais il s’agit simplement d’un cadeau de l’empereur russe de l’époque à son épouse. Décevant, je sais. Erigé au 18e siècle, les jardins y sont magnifiques et il est à l’écart de la ville pour que justement l’empereur et sa femme puissent être au calme lors de leurs séjours d’été. La maison de campagne posée en somme.

La suite de la ballade nous mène vers le littoral de Tallinn. Nous déjeunons sur la plage en observant les immenses ferrys et paquebots qui viennent vomir leurs lots de passagers et touristes sur Tallinn. Le soleil est doux et le sable fin, ce qui rend ce déjeuner tout à fait plaisant. Avec un arrière gout de mazout.

Vous continuez tout droit sur 80 kilomètres, et vous êtes en Finlande.

La suite nous mène vers un vieux bâtiment à l’abandon, presque l’un des seuls du centre de Tallinn, le Linnahall. C’est une immense pièce de béton qui a servi de lieu d’épreuve de voile pour les jeux olympiques de Moscou en 1980, et qui a totalement été laissé à l’abandon depuis, bien qu’il serve d’héliport pour relier la Finlande.

Puis vient la pièce de résistance de la journée. On en parle avec Greg depuis deux jours, le free tour de Tallinn. Les free tours sont opérés par des locaux gratuitement (sans déconner), mais c’est d’usage de leur laisser un pourboire, en fonction de la qualité du circuit et des anecdotes partagées sur la ville. C’est mon tout premier free tour, et je dois dire que je n’ai absolument pas été déçu. Helen était notre guide, une estonienne une vraie, et elle s’est livrée comme jamais sur l’histoire de son pays.

L’Estonie possède en fait une histoire assez triste. On trouve les prémisses du pays aux environs du 12e siècle, mais il a très vite été pris d’assaut par les voisins. Dannois, Suèdois, Polonais, Russes et Allemands y sont tour à tour allés s’en mettre joyeusement sur la gueule pour posséder ce territoire de l’est (Est-onie). A peu près tout le monde est passé dessus en fait, sauf le train, puisqu’il n’existait pas à l’époque.

En février 1918 a eu lieu la première indépendance estonienne. Et j’insiste sur le « première », puisque l’Estonie continuera d’être le terrain de jeux des grands tyrans du 20e siècle. Voyant une porte ouverte et malgré leur guerre civile, les russes l’envahissent et l’enrôlent pour combattre ce qu’il reste des allemands. La défaite et le traité de Brest-Livotsk donne la souveraineté des estoniens aux allemands qui préfèrent passer leur tour pour cette fois, ce qui laisse à l’Estonie le loisir d’être libre, pour la première fois en sept siècles.

Puis vint la seconde guerre mondiale. Et l’occupation allemande en 1941. Et l’occupation soviétique en 1944, jusqu’en 1991 et enfin, la seconde indépendance. Les Estoniens ont célébré il y a quelques années leur plus longue période d’indépendance, ce qui en dit long sur leur condition.

Au sommet de cette tour flotte le drapeau du pays qui gouverne sur les terres estoniennes. Le bleu, noir et blanc n’a pas changé depuis 28 ans.

Ce qui selon Helen, explique le comportement des estoniens. Ils ont la réputation d’être renfermés sur eux mêmes, peu avenants, froids. Et on peut les comprendre puisque chaque fois que des étrangers sont venus à leur rencontre, c’était pour les envahir. D’après notre guide, l’estonien moyen vous déteste. Il ne veut pas vous parler, ni vous aider. Il ne veut pas avoir d’interaction avec vous, et veut la paix. Donc n’en voulez pas à un estonien s’il est distant lorsque vous en rencontrez. C’est dans leur ADN.

Helen nous parle également de la révolution chantante qui a guidé l’Estonie vers sa liberté à partir de 1988. Ce mouvement pacifiste a réuni la moitié de la population du pays afin de contrer l’oppression soviétique et la non liberté d’expression aux travers de chants et mouvements patriotiques jusqu’en 1991. Je vous invite à regarder cette petite vidéo Youtube si vous souhaitez en savoir plus sur le sujet, car un mouvement qui réunit 40 000 personnes capables de chanter d’une seule voix ne peut pas laisser insensible.

En 91, et j’en termine avec la partie historique, les soviets encore présents à Tallinn se sont révoltés contre l’indépendance estonienne et ont souhaité renverser le Parlement. Entrés dans les murs, ils voulaient à nouveau voir flotter le drapeau rouge en haut de la tour de Tallinn. Le maire de la ville, désespéré, décide alors de lancer un appel radio aux habitants afin de venir en aide aux militaires en faction dépassés en nombre. En quelques minutes, des dizaines de milliers d’estoniens viennent encerclés les putchistes, les prenant totalement au piège et les obligeant à sortir en silence au milieu de la foule en furie. Les chants patriotes reprirent de plus belle, et dès lors chaque année les estoniens célèbrent leur liberté en chantant.

Notre excellente guide Helen

Au sortir de cette véritable et poignante leçon d’histoire, nous sommes allés avec Greg et Riyad épancher une autre soif. Des shots très locaux dans une boutique médiévale et deux pintes plus loin, nous sommes poliment refusés par trois restaurants blindés et nous rabattons sur un quatrième qui s’avérera excellent, le Pegasus.

Une burrata en entrée, un steak avec une purée d’épinard en plat, un cheesecake décomposé en dessert. Le tout accompagné d’un somptueux cocktail russe blanc. C’était cher, mais bougrement délicieux. Et les petites notes rédigées en français sur nos additions par la serveuse rendront le moment encore plus savoureux. Il s’avère qu’elle vient étudier en France à compter de septembre, et que je lui ai poliment suggéré de me contacter si elle souhaite de l’aide.

Nous décidons après cet excellent diner de rentrer à l’auberge et récupérer de cette belle journée, à discuter de tout et de rien entre allemand, italien, belge, néo-zélandais et français.

Tallinn se termine, et demain nous reprenons la route. Avec pour direction une destination que je n’avais pas prévu, l’île de Kihnu. Une expérience qui devrait être unique en son genre. Mais vous en saurez plus demain.

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Jour 5 : Tallinn

Le réveil n’a pas eu le temps de sonner aujourd’hui non plus. Réveillé par la lumière du jour, j’émerge paisiblement pour me diriger vers le petit-déjeuner. Le sauna m’a vraiment fait du bien, et l’estomac demande à bosser à son tour.

J’ai donc droit au typique petit-déjeuner estonien. Porridge, confiture de myrtilles faite maison, pain noir et… anchois. Je m’y suis risqué pour l’expérience, pas désagréable mais un peu salé. J’ai par contre dû passer la matinée avec une haleine de vieux marin et des relents de poissons.

A nouveau, le petit-dej’ m’a permis de faire plus amples connaissances avec Irina. Russe elle aussi, elle est arrivée à Tartu il y a vingt ans et élève ses deux filles ici. Elle est assez investie dans la vie locale, aujourd’hui par exemple elle anime une visite à un festival médiéval dans le sud du pays. Mais elle aimerait s’enfuir un peu d’Estonie à cause du climat qui semble assez horrible lorsque l’hiver est là, et de ses journées qui n’ont que trois ou quatre heures de luminosité. Sa mère vit dans le nord de l’Italie et elle aimerait trouver une maison là-bas qui lui permettrait de la rejoindre avec ses filles de novembre à avril. Irina adore la nature, comme la plupart des locaux j’ai l’impression. Elle me souhaite de revenir en Estonie pour voir les îles et passer plus de temps à profiter de la nature.

Les harengs et le café ne sont pas la meilleure combinaison pour démarrer une journée.

Je quitte Irina pour récupérer Greg qui a campé, et passé une petite nuit à cause du froid. Deux heures de route et des radars tous les 5 kms nous emmènent à Tallinn.

La première impression que Tallinn donne est très différente de ce que je vois depuis que je suis arrivé. C’est une ville qui a l’air nettement plus « européenne », beaucoup plus moderne, loin des carcans soviétiques rencontrés jusque là. Le centre-ville historique est totalement pavé et de grands remparts lui donnent un caractère très médiéval. Nous rejoignons l’auberge pour y déposer les affaires, et j’ai instantanément l’impression qu’il se passera de belles choses ici.

C’est une grande pièce unique composée de sept lits et d’une cuisine ouverte, ce qui contribue largement à l’échange avec les occupants. On ne s’attarde pas puisqu’il faut aller garer la voiture dans un coin qui ne coutera pas deux bras et trois oreilles. Une mission qui s’avérera galère puisque le système de paiement de parking se fait via une application sur smartphone, pas tout à fait faite pour les étrangers. Une heure perdue plus tard, nous pouvons revenir à pied vers le centre ville.

Nous nous perdons un peu dans le dédale des rues de Tallinn. La vieille ville est très jolie, avec ses étroites rues pavées, ses vieux monuments et ses hauts remparts. On sent qu’il y a ici un vrai passé historique. La ballade nous mènera vers une immense et impressionnante basilique, et sera ponctuée par les vivas de la foule qui encourage les athlètes en plein Iron Man. Car oui, le hasard du calendrier fait coïncider mon passage à Tallinn avec l’Iron Man de Tallinn. Nous nous postons avec Greg à l’arrivée des coureurs et y serons d’ailleurs hypnotisés pendant vingt bonnes minutes.

Je surveille attentivement la montre puisque j’ai prévu d’aller voir le match de championnat estonien Levadia Tallinn – JK Tallinn Kalev qui a lieu à 19h00. Nous avons un peu de temps pour repasser à l’auberge et y rencontrons les occupants du moment.

Riyad, français vivant à Lille, Johan, allemand qui fait le tour des baltiques en vélo, Isabella, italienne qui vient bénévolement s’occuper de l’auberge pour un mois, et un néo-zélandais aux « vibes » incroyables qui s’apprête à aller jouer deux heures de guitare dans la rue. C’est ce que j’adore dans l’esprit de ce genre d’auberge, nous devons instantanément potes. Pote à usage unique, mais pote quand même. Riyad se joint à nous pour aller voir le match, et nous proposons à tout le monde d’aller boire un verre ensuite. L’idée plait, on improvisera le lieu après le match.

Deux français et un belge s’avancent donc ensuite pour aller voir un match de football estonien. Vu que je me plante de stade, nous arrivons quelques instants avant l’entrée des joueurs sur le terrain après avoir pris un Uber.

300 supporters dans un stade de 10 000 places. Ca vous place l’importance de ce match dans les coeurs estoniens.

Des « LE-VA-DIA… LE-VA-DIA ! » résonnent régulièrement dans ce stade creux, lieu de confrontations de l’équipe nationale estonienne. Le Levadia Tallinn est second du championnat et ne manquera pas de le rappeler au JK Tallinn Kalev, en les éclatant totalement 7-0. Nous échangerons au cours du match de bons rires sur le niveau des joueurs et avec les quatre hollandais venus encouragés le Levadia de manière totalement aléatoire comme nous.

La température chutant rapidement, nous nous hâtons vers un bar qui a été recommandé à Riyad. C’est une zone en périphérie du centre qui a été aménagée avec plusieurs restos et bars, plutôt sympa. Le houblon descend rapidement en terrasse, et la pluie nous oblige à nous abriter dans le bar. Nous rejoignons une table où une estonienne et un jordanien sont en pleine discussion. En trinquant ensemble, nous passons tous les cinq quelques heures à refaire le monde et l’histoire.

L’estonienne, Christina, est totalement barrée. Ayant dégainé mes blagues les plus débiles, nous connectons bien mais elle est assez défensive avec Greg et Riyad. Elle finira par disparaitre avec un Irlandais nommé Kevin qui aura une demi-pinte avec nous. Saisis par la fatigue et trois tournées de bières, nous décidons enfin de rentrer à l’auberge vers une heure du matin.

Une journée pleine, de belles rencontres, un match de foot estonien, de bonnes bières, de bons souvenirs. C’est tout ce qu’il me faut.

Et demain, découverte plus approfondie de Tallinn. J’ai hâte.

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Jour 4 : Tartu

Cette fois ci, je me suis réveillé comme une fleur, trente minutes avant l’alarme. Ce qui m’a laissé tout le loisir de flâner d’internet jusqu’à la douche, et de retrouver Dmitrijs autour d’un petit-déjeuner préparé par ses soins. Notre homme russe est en fait âgé de 64 ans, et il est la bienveillance incarnée. Il s’assoit en face de moi pendant que je déguste ses oeufs au plat, et armé d’un sourire sincère et de deux immenses yeux bleus, m’adresse quelques questions à l’aide de Google Trad. Il vit à Daugavpils six mois par an, puis s’en retourne auprès de sa famille… à San Diego.

Il a deux fils, et déjà trois petits enfants qui lui manquent énormément m’indique-t-il. Son premier fils est marié à une russe, le second toujours en étude. Il passe les six mois d’été en Lettonie qu’il a rejoint en 1987 pour enseigner à l’économie à l’Université de Daugavpils. Aujourd’hui retraité, il est un peu dans l’immobilier et surtout dans son Airbnb. Puis il s’en retourne à partir d’octobre profiter du soleil californien avec les siens. Dmitrijs ne parle pas le letton, car comme une grande partie de la communauté en ville et tous ses amis sont russophones, il n’en éprouve pas le besoin. Il compte 44 pays à son actif, et me confie adorer la France et Paris. Il est d’une sincérité touchante qui fait voler en éclat le cliché du russe patibulaire. Vladimir Poutine en recracherait son Borshtch.

J’aimerais que ce petit-déjeuner dure mais il est l’heure de rejoindre Greg, qui m’attend bientôt à son auberge. Après m’avoir souhaité un bon voyage et de revenir en Lettonie, Dmitrijs et moi-même nous saluons presque comme deux amis, alors que nous étions deux inconnus la veille.

Une authentique télévision soviétique.

Avec un léger retard, je retrouve mon copilote belge pour aller quérir au supermarché local les victuailles de la journée. Puis prenons pour la route. Près de 500 kms à avaler, il va falloir les digérer.

D’autant que ce ne sont pas les routes les plus funky de l’histoire. D’immenses lignes droites, assez peu de trafic et un paysage d’une platitude néerlandaise. A 13h00, la sympathique bourgade d’Alüksne nous accueille pour le déjeuner, qui se composera d’un sandwich jambon-fromage et de cookies en bordure d’un lac gentillet., à imaginer ce que serait que de vivre sous l’eau.

Nous passons ensuite la frontière estonienne sans trop nous en rendre compte puisqu’aucun panneau de l’indique. Le paysage et les routes changent un peu, plus de vallées, plus de virages, encore moins de civilisation. Nous traversons des forêts de pins immenses, et nous imaginons des films d’horreur en estonien qui ne donneraient rien à la cérémonie des Oscar.

L’arrivée à Tartu se fait vers 16h30. Un peu fourbu, je suis ravi de rencontrer Irina, mon hôte de ce soir. Elle possède une grande maison et un gros chien – Marta – beaucoup trop joueur et qui ne veut pas lâcher la belle, ce blaireau. Ma chambre est dans une cahute à l’arrière de la maison, où tout est aménagé pour accueillir des voyageurs. Lit, douche, frigo, et surtout UN SAUNA. C’était le but de la réservation, pouvoir profiter d’un authentique sauna estonien comme il se fait dans beaucoup de maisons de la région.

Mais ça attendra, puisqu’on part à la conquête de Tartu. Bénéficiant d’un karma sacrément optimal, il s’avère qu’aujourd’hui et jusqu’à dimanche se tient le food festival annuel de la ville. De la bouffe partout donc, et une bonne ambiance. Nous faisons étape en chemin au jardin botanique, qui dénombre quand même plus de 10 000 variétés de plantes et fleurs, et qui est sacrément sympa.

Quand je vous dis que c’est joli.

On gagne le centre ville en longeant une rivière, et c’est effectivement animé. Après plusieurs allers-retours dans la rue piétonne où un petit vieux joue un drôle d’instrument à trois manches, nous nous laissons tenter par une bière locale puis par une des échoppes qui sent bon la boustifaille grillée. Je sympathise avec un local qui faisait la queue devant moi afin de comprendre le principe du plat, et cède pour une grosse brochette de poulet épicé et des belles petites patates toutes rondes. Bien manger, le début du bonheur.

La soirée se poursuivra par une ballade sur les hauteurs de la ville, où se trouve l’université de Tartu et les impressionnantes ruines de sa cathédrale. Il faut savoir que c’est quand même une ville imposante – la deuxième plus grande du pays – avec ses 105 000 habitants (soit plus petit que Metz) et qui se veut être le coeur universitaire d’Estonie.

Impressionnantes ruines, n’est ce pas ?

Nous regagnons nos penates avant la tombée de la nuit, puisque Greg a choisi de camper sur un terrain non loin de ma chambrée, et souhaite s’installer en bonne et due forme avant la nuit. Je le quitte donc pour retrouver une somptueuse manière de clôturer cette fin de journée. Un feu qui crépite, le vinyle des Beatles qui tourne sur le tourne-disque, un sauna qui chauffe. Le plaisir. Je passe une quarantaine de minutes à cuire à la vapeur avant de m’écrouler sur le lit.

Il faut déjà penser à demain, et à une étape Capitale : Tallinn. Sur laquelle je fonde de beaux espoirs et qui j’espère tiendra ses promesses. A demain pour que l’aventure continue.

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Jour 3 : Daugavpils

Le réveil est un peu moins douloureux ce matin que la veille, mais j’émerge tout de même encore fastidieusement vers 08h15. Le temps d’une douche et de rassembler affaires et neurones, il est l’heure de quitter Vilnius pour aller chercher la seconde étape du séjour, Daugavpils. Située à environ 250 kms de là, cette ville se veut être la seconde plus grande de Lettonie. Car oui, on va changer de pays une première fois.

On boucle nos ceintures vers 09h50, pour près de 02h30 de route. On ? Oui, on. Greg est du voyage. Cela s’est fait tout simplement en fait. Dans la continuité d’hier soir, il m’a confirmé dès le réveil être de la partie et nous voici à battre le goudron balte en tandem franco-belge.

Greg est cool. Il a 27 ans, vit et travaille à Bruxelles dans l’événementiel. Mais c’est un grand baroudeur. Avant ça il a passé deux ans aux quatre coins du globe – un globe n’a pas de coin vont rétorquer les mesquins, je les ignore – et a vécu de sacrés aventures. Prisonnier du Sultan de Jarawak, en pleine terreur à Manicouagan, isolé dans la jungle birmane, emprisonnant les flibustiers… Non, je m’égare. Greg n’est pas démasqué, mais il a entre autres relié la Belgique à la frontière russe en stop, bourlingué dans la pampa argentine ou encore fait du bénévolat en Nouvelle-Zélande. Un aventurier vous dis-je.

Et on parle de tout avec Greg. D’écologie, de football, d’études, du niveau ridicule du gouvernement français, de l’absence de gouvernement belge, de voyages, natures, pays, découvertes, rencontres. Greg est un bon gars, assez gêné que je lui propose la place de copilote dans ma voiture de course, il me suivra au moins jusqu’à Tallinn, sans doute jusqu’à Riga.

La route nous emmène au premier passage de frontière, la Lettonie donc. Et un mini crochet au bord d’un lac tout ce qu’il y a de plus chouettos pour profiter du calme ambiant et de l’air pur.

Et il y avait même des canards.

Nous arriverons au Airbnb que j’ai réservé sur le coup de 13h00. Dmitrijs nous reçoit. Dmitrijs est un russe d’une cinquantaine d’années et ne parle pas bien l’anglais. Son air renfrogné est renforcé par la surprise de voir débarqué non pas un, mais deux visiteurs. Après quelques atermoiements autour de Google Traduction, on arrive à faire comprendre que Greg demande un prix pour une nuit ici et décidera finalement que la nuitée à l’auberge de Daugavpils correspond mieux à ses deniers.

Compréhensif, Dmitrijs s’adoucit et nous conseille après que je lui pose la question d’aller voir le fort de la ville. Etant donné que c’est une ville-étape sur la route de Tallinn et que je n’attend absolument rien de ce coin, je me dis pourquoi pas. On reprend donc la Seat pour aller déjeuner au milieu d’un fort letton.

Ce que je nous ai pas encore dit, c’est qu’en s’enfonçant dans les terres lituaniennes et lettonnes, on a pris une magistrale claque soviétique. Ici, on bouffe du bloc de béton habitable par kilomètres carrés. Aucune question à se poser sur le soucis esthétique des soviets, les russkofs n’étaient pas là pour poser du parquet mais pour envoyer de la bétonnière à tour de bras. Résultat : C’est foncièrement moche, mais diablement efficace.

Le GPS nous emmène vers une place qui semble être le coeur du fort, ceinturée elle-même d’une batterie de bâtiments tantôt chatoyants tantôt délabrés. Ce coin est un mystère.

Et sur cette place, trois canons assemblés pointant vers le ciel. Et Greg bouffant une poire.

On voit quelques touristes débarquer, prendre une photo et repartir. On se dit que non, c’est impossible que les péquins viennent juste pour trois pauvres canons, qu’il doit y avoir autre chose. Suivant notre instinct (et Google Map), nous nous dirigeons vers l’autre entrée du fort et tombons sur quelque chose « d’un peu plus touristique ».

Une belle grande porte, symbolisant l’entrée principale du fort. Et par delà, des remparts, des armoiries, et même un musée à la faveur du peintre local. Il s’avère que l’existence du biniou remonte aux années 1200, mais qu’il a vraiment été construit en préparation de l’arrivée des troupes napoléoniennes en 1810. Même n’étant pas terminé (le fort ne fut achevé qu’en 1878), il a pu diviser les troupes françaises sur leur chemin vers Saint-Pétersbourg, et les trois canons vus plus haut témoignent de cette victoire. Je n’ai rien à vous dire sur le cheval blanc qui ouvre cet article, si ce n’est que c’est « le fantôme du fort ».

On met ensuite cap vers le centre ville, qui se veut selon le panneau de présentation de Daugavpils, « éclectique ». Rien à voir ici avec le 110m haies et les courses d’éclectisme. Daugavpils est construit sur les rives du fleuve Daugava, rien d’original jusque là.

Mais c’est son mélange de styles architecturaux qui détonne. Du bloc soviet en veux tu, en voilà. Mais aussi de jolies petits buildings de styles gothiques, une rue pavées et piétonne centrale, un petit tram très moderne et des bus ayant sans doute connu Staline, tout se mélange.

Une église orthodoxe dans le plus pur style kitch trône à côté d’une place où se prépare semble-t-il un concert. Nous déambulons dans les rues jusqu’à se faire atteindre par la soif, et nous laissons vaincre par une bière.

Si elle a une bonne gueule, la Mezpils est tout à fait banale.

Après quelques longueurs de rues à commenter l’architecture et un arrêt dans un parc aux abords d’une fontaine à s’amuser des gosses qui s’esquintent en trotinette, on se dit qu’on repasserait bien par la place du concert.

Il s’avère que ça démarre à 18h00, et que c’est le jazz band des Very Nice People qui ouvre la danse. Le public est majoritairement dans ses années 70, nous plombons donc largement la moyenne d’âge. Et pourtant, le son est agréable et inattendu.

Vient ensuite Aija Andrejeva, chanteuse lettonne présente à l’Eurovision 2010. Ca ressemble à de la pop, c’est du letton, j’entrave que dalle et m’en lasse assez vite. La place réunie pourtant plus de 500 spectateurs mais je ferais d’ailleurs comprendre à Greg qu’il est temps de bouger, on a de la route demain.

Daugavpils était une étape tout à fait aléatoire, mais qui a quand même offert son lot d’inattendu et de charme. Après un burger sympa dans un simili resto-bar-boite de nuit à l’ambiance très médiévale (des armures et des armoiries partout), je dépose Greg à son auberge et lui dit à demain pour une troisième étape.

Demain, c’est Tartu. Demain, c’est l’Estonie.

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Jour 2 : KGB et Trakai Island

Second jour du périple balte. Et une fois n’est pas coutume, journée placée sous le signe de la culture. Car ça ne fait pas de mal, et la Lituanie semble en avoir beaucoup à en offrir. Ce qui aide énormément à comprendre son esprit contemporain.

Emergeant difficilement vers 10h30, je subis encore les sévices de la courte nuit précédente. Je parviens à me jeter dehors après d’une douche lituano-écossaise vers 11h30 et avec un premier objectif : le Musée du KGB.

Je l’avais repéré hier sur mon plan, mais il était à l’opposé du circuit que j’ai fait, et agréablement proche de mon auberge. Ce musée a en fait plusieurs noms : le Musée du KGB donc, le Musée des victimes du génocide, ou encore le Musée des occupations et des combats de la liberté. Ce qui en dit assez long sur son contenu.

Marteau et saucisse party.

Il n’est pas ici seulement question de la répression opérée par le KGB, mais par toutes les répressions des régimes totalitaires que ce pays a connu depuis son souhait d’indépendance. Sa position géographique en a malheureusement fait le point d’impact naturel entre le marteau nazi et l’enclume soviétique. Dès 1941 donc, les allemands établissent leurs quartiers dans Vilnius pour diriger leurs opérations sur la région, et s’affirmer contre Moscou en dépit du pacte de non-agression ratifié en 1939.

Le peuple Lituanien n’y échappe pas. Gestapo, répression, déportation, extermination du peuple juif et des réfractaires au totalitarisme germanique. En 1944, avec l’inversion du rapport de force et la débâche à venir des allemands, les Soviets prennent la main et investissent à leur tour les meubles de Vilnius. Et ils ne sont pas venus pour jouer à la marelle. Entre 44 et 53 (soit jusqu’à la mort de Staline), c’est près de 200 000 lituaniens qui sont déportés vers les confins russes, la plupart n’en reviendra pas. Et le trépas du Général Moustache en 53, s’il atténuera un peu les méthodes anti-humaines des soviets, ne rendra pas pour autant leur liberté aux lituaniens.

Des prémisses de Charlie Hebdo

A partir de 1953, le KGB entre en action. Et déploie tout ce qu’on voit dans les films, voire même infiniment plus. Espionnage, contre-espionnage, endoctrinement, contrôle des élites, surveillance des étrangers, tout y passe. Et ceux qui ne se plie pas à la doctrine soviet sont priés d’aller voir ailleurs au goulag si c’est mieux. Après un passage éventuel dans les geôles locales.

Les couloirs de la prison

Si le Musée est composé de salles permettant de comprendre l’évolution temporelle de la répression vécue en Lituanie, le sous sol est lui totalement en l’état. Et il fait diablement froid dans le dos. Les cellules, la salle de torture, les douches, le bureau du commandant, jusqu’à la salle d’exécution, tout y est authentique.

La salle de torture reconstituée, où le prisonnier était attaché au mur.

Ces murs verts font froid dans le dos, et je n’ai pas pu rester bien longtemps dans la salle d’execution, glacé par les impacts de balle toujours présents sur les murs. Mais cette terrifiante visite m’apporte une vision plus claire de ce qu’est l’état d’esprit lituanien.

Pendant près de 50 ans, ces gens ont vécu dans l’opprobre et la répression, leur demandant d’oublier leur culture et leur nature. Pendant près de 50 ans ils ont tenu en vie et en secret leur langue, leur histoire, leur amour de leur poésie, de leur littérature, de leur pays. Cela donne d’ailleurs énormément plus de sens à l’existence de la République d’Uzupis vue hier. Une leçon de vie que l’on ne voudrait plus voir arriver nulle part.

Il a fallu une grande pizza pour se remettre de cette sortie, et après une petite pause à l’auberge je m’embarque pour un paysage nettement moins sinistre : Trakai Island Castle.

A environ 35 minutes de route de Vilnius se trouve le seul château insulaire de toute l’Europe de l’est. Achevé au début du 15e siècle par Vytautas le Grand, Grand-Duc de Lituanie (cet homme a décidément beaucoup de superlatifs, ou quelque chose à compenser).

La visite, bien qu’elle soit charmante, n’apporte pas grand chose sur la raison de l’existence d’un chateau au milieu d’une foutue île. Certes, c’est quand même dur à assiéger, un château au milieu d’une saloperie d’île. Mais quand même, la caractéristique même d’un château n’est elle pas de défendre une position ?

Tombé en désuétude au 18e siècle, des grands penseurs ne sont succédés pour marteler que non, il ne faut pas laisser tomber l’héritage culturel de la Lituanie. Et c’est seulement dans les années 60 qu’il fut totalement rénové et demeure aujourd’hui l’une des fiertés nationales. Les grands pontes (pas les plus grands, mais quand même des grands pontes) se succèdent pour visiter la bâtisse, qui impose en effet un certain cachet romantique (à voir ici pour vous donner une idée).

Outre le château, Trakai est une petite ville en bord de lac tout à fait charmante. Elle comporte de jolies maisonnées en bois bordant l’eau, et des wagons d’attrapes-touristes vu qu’il en arrive par bus pleins. Mais elle mérite de s’y arrêter, ce que j’ai fait en m’asseyant en bord de lac pour manger des raisins et me faire racketter par des canards affamés.

La soirée ne sera consacrée qu’à du repos, et la rencontre de Greg, voisin de chambrée. Greg est belge et présent par hasard. Il sort de vacances en Pologne avec sa copine et avait encore dix jours à tuer donc il a filé droit vers l’est. Le voilà à Vilnius et il ne sait pas où aller.

Greg, est-ce un hasard si j’ai une place dans une voiture qui part faire dix jours de trip dans les pays baltes ? Possiblement. Toujours est il que demain, Greg embarquera très probablement avec moi. Et je vais avoir dix jours pour lui rappeler que la France est championne du monde.

Et demain, c’est la seconde étape : Daugavpils, en Lettonie. A demain avec Greg, ou pas.

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Jour 1 : Vilnius

Nous y voilà. Nous y sommes. Et tel que vous le voyez, je m’affaire déjà à la tâche. Cette Grimbergen à 2.50€ (j’ai bien dit 2.50€) qui trône fièrement devant un bar totalement vide sera mon compagnon de soirée. A l’heure de ces lignes, je suis dans une auberge de jeunesse ni fameuse ni miteuse située dans le nord de la ville de Vilnius.

Après un réveil à 04h00 du matin, un départ 45 minutes plus tard, un décollage à 07h20 et un léger suspense lors du transfert à Vienne pour cause de retard, j’ai atterri à Vilnius à 12h45 heure locale, fumé comme un lardon. Il a fallu ensuite récupérer le char qui me permettra de battre la campagne lors des 15 prochains jours. Après un long moment de recherche et d’hésitation à se dire « mais bordel, l’agence dans laquelle j’ai réservé existe-t-elle vraiment ? », je m’en tire avec une Seat Ibiza. C’est pas si mal.

J’ai été reçu vers 14h30 à « l’Opéra Hotel » par le tenancier de cette modeste cambuse. L’homme en question tient globalement du cliché « jeunesse russe qui a juste besoin de croiser votre regard pour se faire respecter ». Le bras droit couvert d’une espèce manchette de tatouages, c’est un poids plume qui a l’air suffisamment affuté pour faire sauter facilement des molaires. J’ai donc l’instantanée envie d’être sympathique avec lui.

Il me conduit dans les étages par un ascenseur de 1972 qui doit être révisé une fois par décade, puis par delà les couloirs de chambre d’hôpital dans la « Room number 2 », un banal empilement de lits superposés. Je lui soutire les quelques informations utiles à ma survie (wifi, supermarché le plus proche) et le laisse faire mon lit à moitié. Je finirai moi-même, pas de soucis, merci, je vous aime.

C’est dans cette même chambre que je fais la rencontre d’un premier voyageur. Et c’est un français. Il a l’air aussi ravi de moi de croiser un compatriote. Pas de nom, pas d’âge, pas de destination. On s’échange juste quelques questions de politesse, et j’apprends qu’il vient souvent pour « danser », que « les filles y sont jolies et la bière par chère ». C’est sommairement résumé, mais suffisant pour le moment. Sa seule recommandation sera d’aller me perdre dans la vieille ville. Ce qui occupera toute mon aprem’.

De ce que j’en ai vu de mes trois heures d’errements dans Vilnius – et vous me direz à raison qu’on ne tire pas de leçon sur une ville en si peu de temps, et je vous répondrais que je m’en fou en prenant une nouvelle pinte -, cette ville est un immense collage. Il y a de tout, pour tous, et chacun à l’air de s’en contenter. Ce qui est carrément plaisant. Immense influence soviétique dans l’architecture de la ville, on ne s’en retrouve pas moins subjugué par des petites rues piétonnes pavées qui sentent bon le passé médiéval.

L’orthodoxe et le christianisme font du bon copinage. Le capitalisme est lui aussi bien présent au banquet. On se fait livrer son Uber, les gamins font les marioles sur des trottinettes électriques en portant des maillots de Barcelone et d’Arsenal, on fait la queue pour recharger sa clope électronique. La bonne routine d’une capitale en fait. Mais pas que. Il y a un côté accessible qui donne envie de continuer dans cette rue pavée pour voir sur quoi on va tomber, et qui ne nous déçoit jamais. Ici l’Université, là l’Hôtel de Ville, là-bas un musée. Tous aussi impressionnant les uns que les autres.

Ici l’Eglise Sainte-Anne

Mais le plan de la ville ne m’a pas mené que vers de jolies briques rouges. A la découverte de la « République d’Uzupis », je n’ai pas pu faire autrement que trainer ma carcasse vers ce pays fictif dont je n’ai jamais entendu parler.

Car on parle bien d’une République, qui a sa propre constitution, son Président, et une fontaine à bière. Son nom signifie « par delà la rivière », et elle se veut être le repère des artistes de la ville. J’ai dû me documenter un peu pour comprendre le pourquoi du comment du délire d’Uzupis. L’histoire voudrait que deux habitants du quartier assis autour d’une bière ont décidé un jour d’en faire une République. L’un serait le Président, l’autre le Ministre des Affaires Etrangères. Le Parlement se situe dans un bar, et la Constitution y fut rédigée en trois heures.

Et cette Constitution, qu’on trouve même en Français, est épique

Si Uzupis se veut être une blague, elle défend des causes sérieuses. C’est ainsi qu’on y trouve une maison du Tibet, qui veut défendre le Tibet de l’occupation par la Chine et qui a valu un gel de toutes les exportations lituaniennes vers la Chine (ça doit pas se résumer à beaucoup plus que quelques bocaux de confitures de mûres).

Art, musique et nature sont les plus belles préoccupations d’Uzupis

C’est un sacré délire. Mais un délire ayant une portée et une signification tellement belle qu’on ne peut que s’y arrêter. Surtout lorsque l’on sait que le quartier était autrefois le plus ghetto de la capitale, avec une rue sinistrement renommée « rue de la mort ».

La fin de l’après-midi s’est soldée par une poursuite de ballade dans la vieille-ville avant un énorme coup de barre qui m’a précipité vers une sieste d’une heure trente à l’auberge et la traque d’un diner frugal et houblonné.

Il est temps de refaire le plein d’énergie. On profitera un peu mieux de la vie nocturne demain, et surtout de la première excursion du voyage : Trakai Island Castle. Un chateau, sur une foutue île.

Je veux en comprendre l’intérêt. A demain.

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Lituanie, Estonie, Lettonie : J-7

« Où est-ce que j’ai encore foutu cette saloperie de passeport ? »

— Napoléon, pas longtemps avant de partir se faire éclater en Russie.

A J-7, ça se précise. On a désormais eu le temps de faire 87 fois le voyage dans sa tête, on sait à peu près où on va. Les billets d’avion sont pris, les étapes sont posées. Seule l’excitation demeure désormais. Mais où on va d’ailleurs ?

On part à l’aventure vers l’Est, celui avec un grand E. A la frontière orientale de l’Europe, celle qui a longtemps vécu sous le sigle du marteau et de la saucisse. Des capitales riches en histoire, des paysages préservés, des bières pas chères, les raisons sont nombreuses de partir découvrir un coin de continent assez peu connu mais qui semble pourtant avoir beaucoup à offrir. A nous la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie.

Après une première expérience italienne en Mai 2019, je suis entièrement convaincu du format « road trip en solo » qui offre une liberté absolument totale. Envie de rester une nuit de plus dans une ville ? Facile. Envie de dormir trois heures de plus et de déjeuner à 16h00 ? Mais carrément oui. Envie d’emmener jusqu’à la prochaine ville les trois larrons rencontrés au bar hier soir ? On fonce.

26 heures de route, ça requiert des playlists de qualité.

Atterrissage à Vilnius le 30 juillet, décollage de Vilnius le 13 aout. Entre temps, un peu plus de 2 000 kms et plus d’une journée de route. Si les étapes sont posées, elles restent susceptibles de bouger au gré des aléas et des rencontres du voyage. Vilnius donc, puis Daugavpils en Lettonie, Tartu, Tallinn et Pärnu en Estonie, Ventpils et Liepäja en Lettonie, Klaipéda en Lituanie, Riga à nouveau en Lettonie et enfin le retour à Vilnius.

Un parcours mi-citadin, mi-côtier, qui permet de varier les plaisirs. Les étapes retenues l’ont été soit par l’intérêt qu’elles représentent ou sur recommandation, soit par soucis utile et ne pas avoir à passer huit d’affilées dans la bagnole à insulter les mouettes.

Vous me direz que ce circuit est complètement con car il n’obéit à aucune logique, mais vous comprendrez plus tard le pourquoi du comment. Les quatre premières nuits (deux à Vilnius, une à Daugavpils, une à Tartu) sont réservées via Airbnb. La suite, on la laisse ouverte à l’imprévu.

Parce que c’est ce qu’on recherche quand on voyage en solo. De l’imprévu, de l’aventure. Et ça démarre dans sept jours.

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