Jour 8 : Ventpils

C’est avec le coeur un peu lourd que je me réveille. Ayant la moitié du corps bouffée par les moustiques, l’autre éraflée par mes escapades maritimes de la veille, c’est pourtant bien le petit palpitant qui en pâtit le plus.

Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que je me serais bien vu rester plus longtemps sur Kihnu. Cette île a tout pour plaire, son ambiance, sa proximité avec la nature, la gentillesse de ses occupants indépendants, mais l’aventure doit se poursuivre.

Après un bon petit-déjeuner servi par Viviana, je remballe mes affaires et charge son mini bus, puisqu’elle nous a gentiment proposé de nous ramener au bateau Eric et moi. Un au revoir assez solennel à mon comparse belge Greg qui décide de rester au moins une nuit de plus ici, et nous voilà parti.

Enfin presque. Eric oublie sa bouffe et court au frigo, ce qui laissera le temps à Viviana de me confier que le franco-américain n’est pas de tout repos et qu’elle est contente qu’il s’en aille. Il faut dire que son enthousiasme écrasant peut vite devenir éreintant.

Viviana nous dépose au port, et voyant que je suis un peu triste de partir, me gratifie d’un bref mais sincère câlin en souhaitant bientôt me revoir. Etant donné le bonheur de ces 24 dernières heures, il y a bien des chances que je revienne en effet.

La traversée se fait sans histoire, et je retrouve la Seat là où je l’ai laissé. J’ai proposé à Eric de le conduire jusqu’à Parnu, là où il prendra un bus pour Tallinn. Nous faisons un peu mieux connaissance et parlons de la France et des françaises. Eric est du style vieux beau dragueur dans le style purement américain, et m’avoue que si Viviana n’avait pas été en couple, il aurait foncé. Je suis ravi pour elle qu’elle n’ait pas été harcelée du coup.

Eric me laisse son whatsapp à l’arrivée à Parnu, me disant que les portes de son logement à Prague me sont ouvertes quand je le souhaite. Je file trouver un déjeuner et pars, pour cinq heures de route, direction Ventspils sur la côte Lettone.

Cinq heures, ça commence à faire long. Et pour la première fois depuis le début du voyage, en solo. J’écoute donc de la pop lettone, chante, aboie et pousse des hurlements. Faut bien s’occuper.

J’arrive vers 17h30 dans le minuscule village de Deksni. Il s’agit d’un logement au milieu de nulle part, qui sert globalement pour les mariages et les couples. La personne qui me reçoit est donc assez surprise de ma visite. J’écrase deux petits heures dans ma chambrée, avant d’enfin me décider à aller voir Ventspils.

Ventspils est une petite ville de 40 000 habitants, construite autour de son port. Un gros gros port qui alimente le fleuve de la Venta avant de se jeter dans la mer Baltique. De gros bâtiments industriels donc, et des petites vachettes un peu partout.

Deux salles, deux ambiances.

Fourbu par le voyage, je ne ferais que quelques centaines de mètres sur la jetée avant d’aller trouver un restaurant aléatoire. Une tablée plutôt sympa dans une ambiance 1950 et des machines à coudre partout. Le hasard voudra que je me retrouve attablé juste à côté d’un couple de français, à qui je ne décrocherais pas un mot. Faut pas déconner non plus.

Du garlic bread trempé dans le fromage en entrée, patates et cochon en plat, le tout accompagné d’un petit verre de rouge. J’ai le droit, je fête la fin de mon prêt.

Puis vers 22h00 je décide qu’il est temps de rentrer. Je n’aurais rien trop vu de Ventspils, qui a sans doute mieux à offrir que son port industriel, mais il a fallu faire un choix et j’ai préféré sacrifier cette ville plutôt que les deux suivantes, Liepaja et Klaipéda.

Les vingt minutes de route qui séparent Ventspils de Deksni m’offriront des paysages assez mystiques, dans un mélange de brume et de forêt, sur fond de soleil couchant.

Nous en sommes à 1 500 kms d’aventures, et il ne reste plus que trois étapes avant de boucler le retour à Vilnius : Liepaja, Klaipéda et Riga.

Et si j’ai hâte d’enfin profiter de la côte, une petite partie de moi est restée à Kihnu.

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