
Le réveil n’a pas eu le temps de sonner aujourd’hui non plus. Réveillé par la lumière du jour, j’émerge paisiblement pour me diriger vers le petit-déjeuner. Le sauna m’a vraiment fait du bien, et l’estomac demande à bosser à son tour.
J’ai donc droit au typique petit-déjeuner estonien. Porridge, confiture de myrtilles faite maison, pain noir et… anchois. Je m’y suis risqué pour l’expérience, pas désagréable mais un peu salé. J’ai par contre dû passer la matinée avec une haleine de vieux marin et des relents de poissons.
A nouveau, le petit-dej’ m’a permis de faire plus amples connaissances avec Irina. Russe elle aussi, elle est arrivée à Tartu il y a vingt ans et élève ses deux filles ici. Elle est assez investie dans la vie locale, aujourd’hui par exemple elle anime une visite à un festival médiéval dans le sud du pays. Mais elle aimerait s’enfuir un peu d’Estonie à cause du climat qui semble assez horrible lorsque l’hiver est là, et de ses journées qui n’ont que trois ou quatre heures de luminosité. Sa mère vit dans le nord de l’Italie et elle aimerait trouver une maison là-bas qui lui permettrait de la rejoindre avec ses filles de novembre à avril. Irina adore la nature, comme la plupart des locaux j’ai l’impression. Elle me souhaite de revenir en Estonie pour voir les îles et passer plus de temps à profiter de la nature.

Je quitte Irina pour récupérer Greg qui a campé, et passé une petite nuit à cause du froid. Deux heures de route et des radars tous les 5 kms nous emmènent à Tallinn.
La première impression que Tallinn donne est très différente de ce que je vois depuis que je suis arrivé. C’est une ville qui a l’air nettement plus « européenne », beaucoup plus moderne, loin des carcans soviétiques rencontrés jusque là. Le centre-ville historique est totalement pavé et de grands remparts lui donnent un caractère très médiéval. Nous rejoignons l’auberge pour y déposer les affaires, et j’ai instantanément l’impression qu’il se passera de belles choses ici.

C’est une grande pièce unique composée de sept lits et d’une cuisine ouverte, ce qui contribue largement à l’échange avec les occupants. On ne s’attarde pas puisqu’il faut aller garer la voiture dans un coin qui ne coutera pas deux bras et trois oreilles. Une mission qui s’avérera galère puisque le système de paiement de parking se fait via une application sur smartphone, pas tout à fait faite pour les étrangers. Une heure perdue plus tard, nous pouvons revenir à pied vers le centre ville.
Nous nous perdons un peu dans le dédale des rues de Tallinn. La vieille ville est très jolie, avec ses étroites rues pavées, ses vieux monuments et ses hauts remparts. On sent qu’il y a ici un vrai passé historique. La ballade nous mènera vers une immense et impressionnante basilique, et sera ponctuée par les vivas de la foule qui encourage les athlètes en plein Iron Man. Car oui, le hasard du calendrier fait coïncider mon passage à Tallinn avec l’Iron Man de Tallinn. Nous nous postons avec Greg à l’arrivée des coureurs et y serons d’ailleurs hypnotisés pendant vingt bonnes minutes.

Je surveille attentivement la montre puisque j’ai prévu d’aller voir le match de championnat estonien Levadia Tallinn – JK Tallinn Kalev qui a lieu à 19h00. Nous avons un peu de temps pour repasser à l’auberge et y rencontrons les occupants du moment.
Riyad, français vivant à Lille, Johan, allemand qui fait le tour des baltiques en vélo, Isabella, italienne qui vient bénévolement s’occuper de l’auberge pour un mois, et un néo-zélandais aux « vibes » incroyables qui s’apprête à aller jouer deux heures de guitare dans la rue. C’est ce que j’adore dans l’esprit de ce genre d’auberge, nous devons instantanément potes. Pote à usage unique, mais pote quand même. Riyad se joint à nous pour aller voir le match, et nous proposons à tout le monde d’aller boire un verre ensuite. L’idée plait, on improvisera le lieu après le match.
Deux français et un belge s’avancent donc ensuite pour aller voir un match de football estonien. Vu que je me plante de stade, nous arrivons quelques instants avant l’entrée des joueurs sur le terrain après avoir pris un Uber.

Des « LE-VA-DIA… LE-VA-DIA ! » résonnent régulièrement dans ce stade creux, lieu de confrontations de l’équipe nationale estonienne. Le Levadia Tallinn est second du championnat et ne manquera pas de le rappeler au JK Tallinn Kalev, en les éclatant totalement 7-0. Nous échangerons au cours du match de bons rires sur le niveau des joueurs et avec les quatre hollandais venus encouragés le Levadia de manière totalement aléatoire comme nous.

La température chutant rapidement, nous nous hâtons vers un bar qui a été recommandé à Riyad. C’est une zone en périphérie du centre qui a été aménagée avec plusieurs restos et bars, plutôt sympa. Le houblon descend rapidement en terrasse, et la pluie nous oblige à nous abriter dans le bar. Nous rejoignons une table où une estonienne et un jordanien sont en pleine discussion. En trinquant ensemble, nous passons tous les cinq quelques heures à refaire le monde et l’histoire.
L’estonienne, Christina, est totalement barrée. Ayant dégainé mes blagues les plus débiles, nous connectons bien mais elle est assez défensive avec Greg et Riyad. Elle finira par disparaitre avec un Irlandais nommé Kevin qui aura une demi-pinte avec nous. Saisis par la fatigue et trois tournées de bières, nous décidons enfin de rentrer à l’auberge vers une heure du matin.

Une journée pleine, de belles rencontres, un match de foot estonien, de bonnes bières, de bons souvenirs. C’est tout ce qu’il me faut.
Et demain, découverte plus approfondie de Tallinn. J’ai hâte.
maintenant c’est bon, on peut dire qu’il y avait de la place dans le stade !!!
J’aimeJ’aime